Les Pekuakamiulnuatsh
Les Innus du Lac-Saint-Jean
Les Pekuakamiulnuatsh, c’est le nom que l’on donne aux Innus vivant en bordure du lac Saint-Jean, une étendue d’eau qu’ils nomment Pekuakami, le «lac plat». À l’origine nomades, ces membres de la grande famille linguistique algonquienne vivent sur ces berges depuis plus de 5000 ans. Comme on y trouve du gibier en abondance, notamment du castor, ils furent des figures importantes de la traite des fourrures.
Sur la rive ouest du lac, se trouve la réserve de Mashteuiatsh. Environ 2 000 Innus y vivent, la bande comptant officiellement plus de 5 000 membres. Les Pekuakamiulnuatsh ont su conserver leur langue, le nehluen, et utilisent généralement le français comme langue seconde.
Nitassinan, un immense territoire de 92 280 km2 autour de Mashteuiatsh, correspond à leurs terres traditionnelles. Étant donné l’étendue de ce territoire, les contacts sont nombreux au fil des siècles avec les autres nations amérindiennes. Mais c’est l’arrivée de l’homme blanc qui provoque les plus grands bouleversements en ce qui concerne leur mode de vie. Quatre postes de traite sont établis dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean : Tadoussac, Chicoutimi, Métabetchouan et Ashuapmushuan.
Au milieu du XIXe siècle, commence l’évangélisation du territoire du Saguenay par les missionnaires oblats de Marie-Immaculée. Ils seront, avec les Jésuites, responsables des plus profondes transformations culturelles des Innus du Lac-Saint-Jean. En 1856, on fonde officiellement la réserve de Mashteuiatsh. La Compagnie de la Baie d'Hudson y transfère toutes ses activités dans la région et les Oblats y transportent leur chapelle à partir de Métabetchouan, sur les eaux glacées du lac. Mais comme chez tant d’autres communautés autochtones, l’éducation que l’on donne aux enfants, notamment dans les pensionnats, les éloigne de leurs racines. Heureusement, dans les dernières décennies, les Pekuakamiulnuatsh n’ont ménagé aucun effort pour réapproprier leur riche tradition culturelle.
TRADITIONS CULINAIRES
La nation est divisée en clans, composés d’une à cinq familles, pour un maximum de soixante-quinze individus. Ils s’assurent de l’équilibre des espèces sur leurs territoires de chasse. La viande de castor est très populaire, mais on consomme aussi du caribou, de l’orignal, de lièvre, de la perdrix, du poisson et, bien entendu, des bleuets!
PORTRAIT D’UN PEKUAKAMIULNUATSH
Rencontrez les sympathiques Bernard Connolly et Mariette Manigouche de Mashteuiatsh, qui apprêtent un castor pour nous et le suspendent près du feu.